Friedrich Nietzsche

L'État , c'est ainsi que s'appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement, et le mensonge que voici sort de sa bouche : « Moi, l'État, je suis le peuple. »

Maxime Gorki

Le mensonge est la religion des esclaves et des patrons

samedi 28 juin 2008

Apocalypse : tout de suite !

Voici un gentil article de l'AFP, une filiale subtile de la CIA. C'est fait pour que l'écolo lise avec empathie, en faisant oui de la tête, se révolte un peu, puis se rassure à la fin. Y a de bons côtés à la fin du monde ! C'est bon pour l'économie. Comme la peste est bonne pour l'industrie des fossoyeurs et les tremblements de terre sont bons pour le marché de la construction. Faut regarder le bon côté de la vie… et de la mort.






Le pôle Nord sans glace cet été?



Jean-Louis Santini
Agence France-Presse
Washington

Le pôle Nord pourrait momentanément être libéré des glaces cet été, un fait sans précédent dans les temps modernes qui marquerait une nouvelle étape dans le recul de la banquise arctique depuis dix ans sous l'effet du réchauffement climatique, selon un glaciologue américain.

«Il est très possible qu'il n'y ait plus de glace au pôle Nord à la fin de cet été, ce qui s'explique par le fait que le pôle est désormais recouvert d'une fine couche de glace», a expliqué à l'AFP Mark Serreze, un scientifique du Centre national américain de la neige et de la glace (National Snow and Ice Data Center) à Boulder (Colorado).

Évaluant cette possibilité à 50%, ce scientifique a jugé «concevable qu'à la mi-septembre des voiliers puissent naviguer d'Alaska au pôle Nord».

La fonte des glaces au pôle Nord «s'est déjà produite dans l'histoire de la Terre mais certainement pas dans les temps modernes», a-t-il ajouté.

«Ce que nous avons observé ces dix dernières années est une vaste réduction des glaces arctiques, notamment ces trois dernières années, et cette tendance de long terme fera qu'il pourrait ne plus y avoir de glace l'été dans l'océan Arctique d'ici 2030 ou autour de cette date», a poursuivi le glaciologue. Il y a quelques années, ce scénario était anticipé entre 2050 et 2100, a-t-il rappelé.

Durant l'été 2007, la fonte des glaces arctiques avait permis d'ouvrir plus longuement le passage du Nord-Ouest, une route maritime qui relie l'Atlantique au Pacifique en passant entre les îles arctiques du grand nord canadien.

«D'un point de vue scientifique, le pôle Nord est un point comme un autre sur le globe, mais le fait que la glace puisse y fondre totalement (même brièvement) a un sens symbolique fort dans l'imagination populaire», a relevé Mark Serreze.

«Il est difficile d'imaginer le pôle Nord sans glace et n'oubliez pas que le le Père Noël y habite», a-t-il plaisanté.

Mais ce phénomène est «juste un autre indicateur de la disparition de la banquise arctique».

«Je suis néanmoins surpris» que cela puisse se produire aussi vite.»Il y a seulement cinq ans je ne l'aurais même pas imaginé», a encore dit ce scientifique.

Durant l'été arctique 2007, la superficie de la banquise à la mi-septembre, au plus fort de la fonte, a été la plus faible jamais mesurée par les satellites et probablement depuis un siècle, a rappelé Mark Serreze.

L'été dernier, la banquise a fondu de 23%, faisant voler en éclat le précédent record enregistré en 2005.

Pour cette année, «nous anticipons au moins une perte équivalente à l'été 2007 voire davantage, ceci dépendra de la météo et nous ne savons pas encore», a noté le chercheur.

La saison de fonte dans l'Arctique commence à la mi-juin. La glace atteint son minimum à la mi-septembre et son maximum en hiver à la mi-mars.

Réduire les émissions de gaz à effet de serre devrait légèrement ralentir ce phénomène mais l'inverser prendra très longtemps, a jugé ce scientifique.

Mais la fonte des glaces arctiques a aussi de bons côtés. Les navires pourront de façon régulière emprunter le passage du Nord-Ouest, évitant ainsi les longs détours par le canal de Panama ou le Cap Horn.

De plus, les fonds de l'océan Arctique sont riches en pétrole et sans glace ces gisements seront plus aisément accessibles, soulignent des experts
.

mercredi 25 juin 2008

Le Temps des Bougons


Souffrez, lecteurs et lecteuses, que la rédaction du Crachoir™ se livre à une analyse graphique en profondeur de la Une de LaPresse de ce matin, consacrée à la fête nationale des Québécois. Il s'agit à mon avis d'un chef d'œuvre, fort probablement inconscient, du moins en partie, mais d'une puissance évocatrice quasi-indéniable.

À part le bloc-titre et sa très étrange photo, confuse et disgracieuse (chaos, peu de participants, femmes grimaçantes et grotesquement surexposées), le premier élément graphique qui attire l'œil par sa forme éloquente et harmonieuse est le beau soldat de sa Majesté la Reine d'Angleterre, victorieux et sympathique, croqué à l'occasion du massacre des plaines d'Abraham et présenté ici sous son côté cool, dans le cadre du cahier Actuel, sous l'angle détente, loisir, « escapade !… » Le militaire tient un lièvre par les oreilles (symbolisant le peuple de la Nouvelle-France ?!) d'un air facétieux. Ne manque que le mot pique-nique !
— Walk in the park! Piece o' cake! Easy money !

Juste au-dessus, une colonne d'invite est coiffée d'un fait divers sans intérêt dont le mot fort du titre est SUICIDE (juste sous le bleu québécois du bloc festif). Inutile de rappeler que les Québécois sont champions mondiaux du suicide. De temps à autres, une allusion subtile et subliminale ne fait pas de tort, et on associe automatiquement identité nationale et suicide (on enterre l'option). Juste en-dessous, on lie innocemment la couleur bleue aux algues, ces terribles « algues-bleues » qui devaient détruire la Planète en trois semaines, si on en croyait les dépêches de l'an dernier. BLEU = vase sous-marine, sombres remous, puanteur, poison, destruction invisible !… « Un été sans les algues bleues ? » dit le texte. On pourrait croire que Power Corp annonce qu'on passe maintenant à l'autre drapeau et à la fête du Canada Day. Le troisième bloc, situé en bordure de la photo du soldat, met en vedette le gouvernement fédéral et le nom de la capitale impériale : OTTAWA. La fête est finie, si le soldat ne suffisait pas à vous le rappeler.

À gauche, dans un solide consacré aux omnipotents SPORTS, sur fond rouge-sang, les mots CANADIEN et WIMBLEDON suivent celui, plus léger, des ALOUETTES, qui semble faire le lien symbolique avec le nationalisme québecois, petit oiseau inoffensif et charmant qui réapparaît chaque printemps, mais repart en Floride dès que les temps s'obscurcissent.

Colonne de droite, le génial Leonard Cohen reçoit enfin la place qu'il mérite en première page et je ne m'en plaindrai pas, moi qui le considère l'égal de Dylan et Guthrie. Le fond rouge du cliché évite qu'on le perçoive comme un fleuron fabuleux de la culture québécoise et semble souligner le fait que le plus grand auteur-compositeur de l'histoire du Québec est anglophone, donc Canadian. On peut se consoler en se remémorant toute la sympathie que l'auteur démontrait pour les québécois dans son roman Beautiful Losers de 1966. C'est peut-être là le plus réjouissant clin d'œil de cette épatante page couverture, qui me remet à l'oreille l'éternelle Partisan (qu'a reprise le même Cohen en version bilingue).


LA COMPLAINTE DU PARTISAN

Les Allemands étaient chez moi
On m'a dit résigne toi
Mais je n'ai pas pu
Et j'ai repris mon arme

Personne ne m'a demandé
D'où je viens et où je vais
Vous qui le savez
Effacez mon passage

J'ai changé cent fois de nom
J'ai perdu femme et enfants
Mais j'ai tant d'amis
Et j'ai la France entière

Un vieil homme dans un grenier
Pour la nuit nous a cachés
L'ennemi l'a su (Les Allemands l'ont pris)
Il est mort sans surprise

Hier encore nous étions trois
Il ne reste plus que moi
Et je tourne en rond
Dans la prison des frontières

Le vent souffle sur les tombes
La liberté reviendra
On nous oubliera
Nous rentrerons dans l'ombre

— 1943
Paroles : Emmanuel d'Astier, musique : Anna Marly

mardi 17 juin 2008