Friedrich Nietzsche

L'État , c'est ainsi que s'appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement, et le mensonge que voici sort de sa bouche : « Moi, l'État, je suis le peuple. »

Maxime Gorki

Le mensonge est la religion des esclaves et des patrons

jeudi 29 mars 2007

Le Mauvais Siècle 2
Samuel Hamilton Walker

Samuel Hamilton Walker est un héros mythique de la conquête (ou de la perte, selon l'angle de vue) de l'Ouest. Sam survécut aux deux grandes humiliations de la guerre du Texas. Il échappa à la mort au Fort Alamo (en évitant simplement de s'y trouver) et réussit ensuite l'inénarrable en gagnant sa survie lors de la tenue par le général Santa-Ana de la célèbre loterie des bines, au cours de laquelle un prisonnier sur dix parmi un groupe d'évadés repris allait être exécuté. Il s'évada de nouveau et entra pour de bon dans la légende.

En réalité, Samuel Hamilton Walker doit surtout sa grande renommée à la révolution industrielle. Il en fut un des plus grandioses artisans à titre de co-inventeur du Walker-Colt, un des premiers pistolets à répétition, qui connut une popularité indéniable (comparable à celle du iPod aujourd'hui) au pays des braves zé des libres, au milieu du 19e siècle. Il faut admettre que Sam Walker s'y connaissait en pogroms au pistolet. Il avait utilisé à bon escient le Patterson (une des premières versions du revolver Colt) au cours de la campagne d’extermination que le gouvernement des États-Unis mena contre les vilains Seminoles, peuplade agricole, pacifiste et sédentaire, qui avait eu la très impardonnable idée d’habiter la Floride.

Le beau Sam, amateur de castagne, servit ensuite dans la plupart des nobles conflits de l’époque. Il s'illustra, revolver au poing et crinière au vent, au cours de guerres génocidaires contre les Cris, les Comanches, les Kiowas et les Sioux. Il monta en grade, et c’est à titre de Capitaine des Mounted Rifles qu’il alla proposer à Sam Colt, alors pratiquement ruiné, de créer un pistolet répondant à ses exigences de massacreur expérimenté. Les deux Sam partirent en affaires. Le Walker Colt était né. Force est d'admettre que les connexions, déjà à l'époque, faisaient parfois des miracles. Le secrétaire du Trésor de l’époque, Robert J Walker, introduisit notre noble Sam au président Polk, qui fit placer la première de nombreuses commandes de 1000 unités de ces pistolets. Un autre lien familial unissait apparemment Samuel au futur maire de New York William Magear Tweed, membre comme lui de la loge Tammany (sorte de mafia démocrate de l'époque).

Ironiquement, en 1847, c'est avec son révolver de rêve, son précieux Walker-Colt à six coups, que Samuel Hamilton Walker rata un fantassin mexicain armé seulement d'une lance. La grossière pointe de fer de cette hallebarde en bois le transperça mortellement sur le champ de bataille, à Huamantla, au Mexique. Ses descendants s'arrangeront plus sagement pour profiter de la guerre bien à l'abri des égratigures ! Samuel Colt ne manqua pas d'exploiter la mort glorieuse de son partenaire pour exalter les vertus (?) de son pistolet. On raconte que c'est cette arme qui aurait permis à la « civilisation » de soumettre l'Ouest.

La statue de Samuel Hamilton Walker trône au coeur du musée des Texas Rangers, à deux pas du ranch du président Georges Walker Bush, situé à Waco, Texas.





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Sources :
Les Armes de la Conquête de l’Ouest; Michel LesPart
The Mexican War; K. Jack Bauer, (New York: Macmillan, 1974)
Ranger Walker in the Mexican War; Charles D. Spurlin, Military History of Texas and the Southwest 9 (1971)
Samuel H. Walker's Account of the Mier Expedition; Marilyn M. Sibley, (Austin: Texas SHA, 1978)
Wikipedia : Samuel_Hamilton_Walker

mercredi 28 mars 2007

Agression US en Iran : 6 avril


NOUVELLE ESCALADE DANS L'HORREUR

Selon un hebdomadaire Russe, l’armée états-unienne a l’intention de procéder à des frappes aériennes en Iran dès le début du mois d’avril. Une fuite apparemment orchestrée tout en haut de l’appareil du Kremlin serait à l’origine de la nouvelle.

Les attaques viseraient les quartiers généraux de l’armée Iranienne, mais également la quasi totalité des installations du programme nucléaire du pays. Le colonel Ivashov, proche conseiller de Vladimir Poutine et vice-président de l’Académie Moscovite des sciences géopolitiques a déclaré en entrevue au Argumeny Nedeli « Il n’y a aucun doute que des frappes aériennes auront lieu à court terme. Nous ne prévoyons aucune activité terrestre, mais de nombreux bombardements auront lieu, ayant pour objectifs d’annihiler la capacité militaire, les centres d’administration, les leviers économiques principaux, et très possiblement le leadership politique Iranien en tout ou en partie. »

Ivashov déclare en outre que des frappes nucléaires de petit calibre ne sont pas écartées du plan d’intervention, que le Pentagone aurait baptisé Operation Bite.

Le but ultime de l’opération serait d’engendrer un climat de chaos socio-politique à l’intérieur de la république islamique, ce qui permettrait éventuellement l’intervention d’une force de maintien de la paix, et le morcellement du pays en états plus petits.

Je voudrais rappeler également aux lecteurs que la société Halliburton a été inculpée en 2005 d’avoir vendu de la technologie nucléaire à l’Iran. Utilisant une des ses filiales pour contourner la loi américaine, la compagnie dont Dick Cheney a été vice-président a vendu des pièces importantes de réacteurs nucléaires à la compagnie Iranienne Oriental Oil Kish en 2005.

En terminant, la facture de la guerre en Irak se monte désormais à 1.3 trillions de dollars. Oui, oui, 1300 milliards. On oublie systématiquement, lorsqu’on parle de ces coûts, de signaler qu’il s’agit ni plus ni moins d’un transfert de fonds, des poches des contribuables américains vers les poches des propriétaires des industries sollicitées, fabricants d’armes, pétrolières, fournisseurs de services, etc. Je signale pas par complaisance, mais en raison d’un nombre croissant d’angélistes semi-comateux le fait que ces compagnies appartiennent à ceux qui soutiennent, inspirent et dirigent les Néo-conservateurs, tant aux Etats-Unis qu’au Canada.



Câlins, tripotages, daisy-cutters
É.


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Sources :
Andrei Uglanov, Argumenty Nedeli
Webster Tarpley, Online Journal : http://onlinejournal.com/artman/publish/article_1888.shtml
Jason Leopold, GlobalResearch

mardi 27 mars 2007

SHOWER

Confrères, consoeurs, amies, amis, et toute cette bonne branlette.
Je tiens à vous rappeler que la grande gagnante de la victoire remportée du triomphe qui sort ce soir victorieux, de ce match qui fut (pour une fois) serré jusqu'au photofinish au plan du niveau de compétitsivité, c'est la démocrassie elle-mayme.

Félicitons d'abord Jean Charest pour sa grande vision et sa détermination providentielle. Sans lui, le pays aurait sans nul doute sombré dans le chaos. On ne peut qu'applaudir l'audace et la rapidité avec laquelle toute la classe dirigeante (donc médiatique) de la provinssse s'est rangée derrière le chief en chef pour empapaouter le blaireau et lui bourrer le mou sans corps gras pendant un bon deux heures. Eh oui, une minute Charest est défait dans son comté par 700 voix, puis par 1500, puis, contesté par le PQ (!?), puis peut-être plus du tout perdant à cause de deux-trois billets de vote qui ont fait que tous les autres (150) billets de vote par anticipation étaient retenus, puis déclaré gagnant par le DGE qui lui aurait téléphoné (et pas le contraire, surtout) pour le lui annoncer, puis au final, triomphant haut la main par deux mille voix de majorité, marge incontestable, casse-toi tondu, ta-gueule et suce, chochotte. Quel bel aplomb. Si ça passe pas à l'histoire, ça… Monsieur, Madame, votre question !

Non, chère classe moyenne (fuck da rest), la vérité ce soir, résidait dans les cravates des deux fascistes. Charest avait sélectionné pour son discours victorieux une cravate couleur… ADQ.
— Oké mon Johnny, je contesterai pas ton esti dfraude, ça change rien, anyway.
— Tu l'sais que j'peux pas t'offrir grand chose en trade, Mario.
— J'ai un des mes ti-nègs qui t'amène un cadeau. Faut tu la portes pendant ton discours, pis on est chummy chummy.
— Tu vas mettre quoi, toi, d'abord ?!
— Steven m'en a shippé une, je l'ai reçue tantôt. St'un présent de ton chum Munk.
— Ouain, ouain, ouain, y a des ti-chouchous ! Quelle couleur ta tienne ?!
— Gold.


Frisou au moment de voter, en journée. Cravate rouge fédéraste.


Patapouf porté en triomphe. Cravate bleue Miami-Vice.








Benito Mariollinni.
My name is Gold.
Barrick Gold.



lundi 26 mars 2007

Le Mauvais Siècle 1
William Walker





William Walker, petit-fils du lieutenant Lipscomb Norvel, et cousin du Sénateur John Norvell, débute sa vie comme journaliste, mais se fait vite remarquer en 1854 en se lançant, à la tête d’une armée de mercenaires, à l’assaut des provinces mexicaines de Baja et Sonora. Il s’en proclame ensuite le président, jusqu’à ce que l’armée mexicaine le repousse en Californie.

Qu’à cela ne tienne, tentant de profiter de la guerre civile financée par l’angleterre au Nicaragua, notre héros s’embarque avec les hommes qui lui restent et part à l’assaut du pays d’amérique centrale, qui représente à l’époque la seule route reliant New York et San Francisco. Il sera financé dans son projet par Cornelius VanDerBilt, qui transportera ensuite gratuitement renforts et équipements. Le premier septembre 1855, son immense et glorieuse armée de 350 hommes s’empare du pays. Après quelques mois à jouer les montreurs de marionnette, il se déclare président de la République du Nicaragua.

Walker, un sérieux visionnaire pour l’époque, s’empresse de rétablir l’esclavage (interdit en 1824), de réduire toute dissidence et opposition à néant et de céder tous les droits nationaux possibles à ses copains de Wall Street. Il organise même une élection au cours de laquelle il n’affronte aucun autre candidat, qu’il remporte haut la main (« si la tendance se maintient… »).

Son destin bascule lorsqu’il trahit VanderBilt pour favoriser ses rivaux Garrison et Morgan, qui achètent sa loyauté contre des livraisons d’armes et d’or. Garrison et Morgan reçoivent une lettre de VanDerBilt : « Chers messieurs, vous avez entrepris de me flouer. Je ne vous poursuivrai pas, la justice est trop lente. Non, je vais vous ruiner. Bien à vous, Cornelius VanDerBilt »

Le puissant Cornelius réussit rapidement à écraser Walker en organisant une coalition des gouvernements voisins, qui resteront ensuite éternellement de fidèles et serviles polichinelles de Wall Street. Notre héros se réfugie encore impunément aux États-Unis. Cependant, au cours d’une ultime tentative de conquête, l’infatigable William Walker sera capturé par les Britanniques, livré au Honduras, puis exécuté.
Voilà au moins une histoire qui finit bien.



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Sources :
Les Armes de la Conquête de l’Ouest; Michel LesPart
Wikipedia : William_Walker_(soldier)
War in Nicaragua ; William Walker
Globalsecurity.org/military/ops/walker.htm


vendredi 23 mars 2007

Bring it on fucker


Contrairement à certains estimés confrèresoeurs bloggineurnettes, je ne vous ferai pas souvent l'affront d'un titre en anglais. En fait, tout petit-fils de Liverpoolien que je sois, je tente de freiner autant que possible à l'écrit la facilité de la formule anglaise, you know, on the go, day to day, like it or not, take it or leave it, shape in or ship out. Aujourd'hui fait exception, parce que je ne m'adresse pas à vous, gentils lectrices-teurs habituelles-els. Non, je m'adresse aux truies. Aux porcs. À ceux qui ont la complaisance de sous-estimer la souffrance qui a fait de moi ce que je suis aujourd'hui, et qui, de ce douteux promontoire érigé d'ignorance, se berçent de la conviction qu'ils peuvent m'intimider.
Je ne parle pas ici des bourgeois qui ne conçoivent les luttes de classes que comme des inventions de pseudo-révolutionnaires. Je ne parle même pas des néo-inquisiteurs de pacotille qui se satisfont de la volupté suprême que leur procure le moindre verrouillage des possibilités de dissidence.

Non, mon titre s'adresse au petit club d'appenties-brutes qui menace aujourd'hui de... me faire bobo.
Si ultimement tout n'est question que de rapport de force, je vais me soumettre. Non pas me soumettre à votre règne, mais me soumettre à votre manière de lutter. J'ai appris dans ma chair, et c'est quand même pas par choix, comment gérer la rencontre importune d'une douzaine de ces petits chiens de poubelles. La fuite ne fonctionne pas. La discussion ne fonctionne pas.

Sous-entendue dans ces menaces, venant toujours (quand on résout l'équation) du même point bien précis de l'Imperium, se trouve inéluctablement l'holocauste, au demeurant nucléaire. Parce que ce sont eux qui ont the means, the will and the motive, parce que ce sont eux, promotionneurs de la Shoah, de la famine Ukrainienne, de l'abatoir asiatique, et plus récemment du massacre Rwando-Congolais, qui téléguident les coups ou les promesses de bastonnades, on doit se rouler en boule et se mettre à trembler.

J'ai fait ça, moi, me rouler en boule et me mettre à trembler, pleurnicheur, en imploreuse, hoquetante. Ensuite, invariable saynète, c'est l'eau sale, la boue, la salive, la pisse, les glaves, puis les coups de pied. Ils finissent par partir, puis c'est le silence, le silence autour, et les geignements qu'on ne peut s'empêcher de laisser fuser des tréfonds et qui consomment, couronnent, perfectionnent la totalitarité de l'humiliation. Naaan ! Je connais bien. J'ai assez joué dans cette pièce que j'ai appris comment en changer la fin. C'est trop tard pour moi, chers ennemis de toujours. Trop tard. Better get it through your thick fucking skulls.

Je termine (dans la langue du power) en entonnant avec un de ces sales juifs du Plateau que vous détestez tant :
Oh, the wind, the wind is blowing
through the graves the wind is blowing
freedom soon will come
then we'll come from the shadows



É.

Addendum du 25 mars : j'ai atteint des camarades avec ma giclée de rage fumante et ça me fait sentir assez poche. Swan (et d'autres dans son cas), de façon totalement fortuite. Dompierre, tout à fait injustement, à la suite d'une méprise. Souvent, j'englobe, j'amalgame, je mélange. Je fais mal aux gens pour rien, stupidement, par incompétence littéraire, par ivrognerie, et aussi, par médiocrité. Je demande pardon à toutes les personnes qui ont pu souffrir de mes propos. J'ai la conviction que nous vivons une période charnière de l'Histoire et je crois souvent ma sainte colère justifiée. Je souhaite sincèrement me tromper là-dessus comme je me suis trompé dans le reste.

mercredi 21 mars 2007

Le Travail c'est la liberté



Nouveau mouvement qui prend de l'ampleur dans le blogosfoutre : la censure.
On fait dans l'autarcie intellectuelle. Appelons-ça du Bloqueblogue. Chacun construit son petit camp retranché, son petit jardinet, zen laqué à l'intérieur, barbelé autour, gueux muets dehors.
On s'attend chez ces apprentis-gestaputes à reçevoir les tributs à l'entrée. Vous me pardonnerez de reprendre ici ma propre formule (de toute façon engloutie avec le blogue à Dompierre) : Trop de lèche-culs gâchent la sauce.

Enfin. Le timing est étrange, en pleine campagne électorale, une des dernières peut-être, à avoir représenté un pourcentage de mascarade inférieur à 100% (99% ?), tout le monde disparaît. Exit les poètes, gribouilleurs, écrivains-vaines, tout le monde se tait. Peur pour les bourses ?! En tout cas, ce qui frappe, c'est que ceux qui causent encore le font tous seuls. « Qu'en pensez-vous ?! Oups... c'est vrai, vous êtes baillonnés. » Wow. Il fut un temps où les artistes du Québec étaient en écrasante majorité des grandes gueules baroudeuses, potaches-potlache, utopisseurs-étapistes, rêvasseurs d'un vaste monde, invendables inventeurs d'un pays autre, d'une nation neuve.

Les vieux partis, celui de Frizou comme celui de Mario (des Créditistes en shorts) font ce qu'y s'ont toujours fait, ce que leurs boss leur disent de faire. Mais le PQ parle uniligue-cash, les saltimbanques emménagent à Westmount, ou en font leur unique rêve. Les ML, TL, CO, sont devenus journalistes à bourges, dilueurs de vote au QS, ou encore verrues quelque part dans le star system… Quant aux jeunôts, ils n'aspirent à rien de moins prosaïque que de se mettre en scène dans l'argenterie guindée de l'audiovisuel. Que je me fotografie la tronche en train de boire mon porto… Que je me publie la bouillotte en pleine séance de "girlnextdoor-moinonplus-jeposepas-sansnavoirl'air". Boahh… 

Admirez, chers collègues et amis. C'est sous vos yeux !… Le spectââcle !… L'époque formidable !… La construction inéluctable et fulgurante d'un état fasciste, by the fucking book, exactement comme les autres fois. Tout est en train de se mettre en place. Tout, absolument tout. L'Amérique du Nord a presque terminé son discret processus d'Anschluss. L'autre fois non plus, ça n'avait choqué personne. Prospérité, sécutité, partenariat. Les ingrédients y sont. L'union de la corportaion, de l'armée, et de la loi. Au bon peuple rendu ignorant par 20 ans de sabrage dans son instruction la plus élémentaire, on dira : Travail, famille, patrie. Ça sonne bien ! Mange ça moron. Choump choump choump.

Lisez le papashtroumph en personne :
Le fascisme, observant le futur de l'humanité en dehors des considérations politiques ponctuelles, réfute la possibilité et la pertinence de la paix perpétuelle. Seule la guerre amène l'énergie humaine à son point ultime de tension et confère la noblesse aux peuples qui ont le courage de la rencontrer.
— Benito Mussolini, 1932

Je crie, je sais. Je m'épuise.
Je... m'égosille.
Comment dire...
J'aurai crié.

J'aurai mis mon sabot minuscule dans l'engrenage.
Qui aurait cru que cette fois-ci, encore moins de gens s'opposeraient au cauchemar ?!
Qui imaginait cette vision du siècle à venir ?!

On a pas le choix. C'est le nôtre.
D'autres tentent d'en faire quelque chose de beau.
Ailleurs.
On pourrait aussi les suivre.

Décision :
Je bosse sur une sorte d'essai, depuis un certain temps.
Avec cette matière, je vais inaugurer une nouvelle section de ce blogue.
Je vous ferai part petit à petit des résultats de trois années de recherches historiques, géostratégiques, militaires, politiques et économiques. Des résultats qui bouleversent totalement la version acceptée de l'Histoire et j'oserais même prétendre, la vision généralement admise de la civilisation et de la nature humaine. Je vais tâcher de résumer, de faire simple, d'y aller sans têtage. Histoire de pas perdre les kids.


Voilà,
Je continuerai aussi longtemps que je pourrai.


Paix, muqueuses, frags,
É.

mardi 20 mars 2007

Trouvez Steven !


Dans l'annonce officielle du budget, un poste (déjà radicalament regarni en mai) a été augmenté de 318 millions. Pourtant, le Devoir n'en dit pas un traître mot, LaGraisse y consacre une minuscule manchette en page A26 et le Jounal de Mourial y fait une allusion jovialiste en page 47. Devinez de quel poste il s'agit ?! J'en parle parce que justement, le silence médiatique à ce sujet ne peut s'expliquer que de la façon la plus paranoïaque qui soit. Pourtant, les faits sont là. À quoi m'attendre, lecteurs ?! Trente interventions sur mon usage immodéré des points d'exclamations suspendus ?!
Le premier commentateur-trice qui trouve a droit à un Romeo Y Julieta mini en ma compagnie.

Tripotez-vous les uns les autres,
xx
É.

Montée de sang !


Que les gens se renseignent sur Carlos Menem.
Qui l'a téléguidé sur l'Argentine ?! Vous les reconnaissez pas, su les photos ?!
Les mêmes gros tabarnaks de crisse sont à l'oeuvre ici et maintenant. Georges H Bush siège sur plusieurs CA aux côtés des Mulroney, Munk etc. Ces gentils messieurs financent le PLQ et l'ADQ. Les deux ! Y peuvent pas perdre. Pis Dédé a l'air de les trouver ben de son goût itou ! Y a juste la gauche péquiste qui est réveillée dans tout le pays. QS ?! Simonac la nouille défend la version officielle du 11 septembre !… La vlà qui attaque Philpot, qui lui joue à David et Goliath contre les grands chums à Harper et Bush Inc. !… A tripote les couilles à Dick Cheney en rêve, ou quoi, la féminisse ?! Tabarnak.

Je pourrais pas être plus alarmiste que je ne le suis. L'heure, concitoyens, est extrême. Au cours du prochain mandant, Hydro-Québec, la SAQ, la partie moderne du réseau de la santé, tout ça sera privatisé à 20% de la valeur marchande. Qui achètera ?! Les chummies à Bush, les Munk, etc. Le Québec appartiendra à Barrick Gold. Les gisements de diamants du Grand Nord ? bye-bye. La nappe de pétrole dans l'embouchure du Saint-Laurent ?! bye-bye. Québec inc. ? seleeeu… Premier geste des nouveaux proprios ?! dix-mille mises-à-pied. Deuxième ?! Éradication des quelques syndicats qui auront pas baissé leurs g-strings. Deux ou trois ans après, ces compagnies-là, récemment données aux multinationales, se plaindront de déficits, menaçeront de déménager. On les subventionnera pleins pots !… Nooos joooobs !… On se rendra soudain compte que le crado 20% n'a même jamais été payé !… Impossible, y seront tellement au bord de la faillite. On va emprunter un autre 30 milliards pour les remettre à flot !… Pis un petit milliard juste pour équiper la police et l'armée, pour nous empêcher de se fâcher.

Comment je sais tout ça ?! Je joue au devin ?!
Non.
C'EST HYPER FUCKING SIMPLE !
ÇA A ÉTÉ FAIT AVANT, AILLEURS !
Suffit de lire, de rechercher un peu... Suffit de comparer les idéologies en présence, les programmes, etc.
Mais surtout, surtout, surtouuuuuut... Les bailleurs de fonds.
Les jolis petits guignols qui se tapent dans le dos derrière portes closes, dans les cocktails.
Pis crissez-moi patience avec W Bush !…
Si vous êtes trop fatigués pour réfléchir, lâchez votre job !
W. est rien. Nada. Moins qu'une marionnette.
C'est une des 34 têtes dévissables de la même marionnette.
Si jamais le monde s'organise pour empêcher le vol de la prochaine présidentielle, on aura qu'à produire une nouvelle tête. Neuf chances sur dix qu'elle a reçu son ti-doc de Yale, la nouvelle boule. Qu'elle a joué au tennis avec le fils de chose, pis la fille de l'autre, pis son cousin.

Lisez sur le SPP (whitehouse.org).
Lisez Tarpley, Ostrovski, Agee,
Nous sommes les prochains sur la liste.
Vive le Québec libéré de ses ressources, de ses richesses, de ses entrailles !…

Accomplissons notre destin.
Nés pour un petit pain !
Faisons un pas vers le futur.
Accélérons la chute.

Heil Mario !
Heil FMI !
Heil Banque Mondiale !


Je mordrai la crosse de vos F-16 !

É.

samedi 17 mars 2007

Aux fascistes ordinaires de la Belle Preuvinssss


Bouseuses, Purineux, Gigons, Moronnes, Niochons, je vous ai compris !…

C'est pas Westmount, qui vous fait chier, c'est le Plateau. C'est pas Town Mount-Royal, Outremont, Kirkland, LAVAL ! Nooon ! Allons, soyons honnêtes, une seconde. Vous vous en battez le furet, du pouvoir !… Rien à moudre non plus de l'argent !… C'est la morale qui vous taraude, bande de ploucs !… Judo-crétine, en plus !… Mi-newage, mi nazie !… Et elle vous turlupine, la morale, savez pourquoi !?! Parce que vous êtes une cohorte de demeurés primitifs de fin fond d'Empire, protégés des vents de la culture et du savoir par votre résilience opiniâtre à la littérature, justement ! Pas un blaireau de par chez vous qui ne l'ait lu, ce vieux crouton de VLB. Sauf justement cet hérétique Michel Vézina, qui a osé lire, qui a osé voyager, qui s’est soutiré à votre condition de benêts pedzouilles, à qui vous voudriez ériger un bûcher.

Ceux d’entre vous qui ne se sentent pas visés font bien. Je ne m’adresse qu’aux petits fascistes ordinaires. Car je t’aime, toi, Québec. Allons, j’ai visité votre village, moi !… J’y suis passé à vélo, en char, en bus, en train, en camion de tournée. Et je continue !… Et partout j’ai rencontré des gens merveilleux (dont pas mal de gouines et de minets) aux côtés desquels j’aurais envie d’inventer un pays, ou de défendre les derniers lambeaux d’une nation. Montréal est pleine de crétins de toutes les sauces, à n’en pas douter une seule minute. Mais quand même, y a un type de sub-normal qu’on retrouve presque exclusivement que chez les cul-terreux. Le Mario. Savez, mon problème insoluble, avec le Mario ?! C’est que comme Mario est imperméable à la réflexion, je sais pas comment je pourrais lui expliquer mon point de vue.

Exemple numéro un :
Les politiques économiques que Mario propose (et Frizou pareil, en passant), ont été implantées ailleurs, auparavant. Faudrait que le Mario confirmé et le Mario potentiel aillent y voir dix minutes, ce que ça a DONNÉ !… Les résultats !… Argentine, Bolivie, Haïti, Mali, Côte-d’Ivoire. Regardez le programme, bucoliques de mes deux !… COMPAREZ !… Mario, c’est Menem. Du pareil au même. Dix minutes. Après on pourra se bagarrer en connaissance de cause. Mais non. Ça tente pas à Mario de réfléchir. De lire un livre. De discuter. Mario regarde sa tivi. Pis ensuite, y répète ce que le Fédéral ou les Millionnaires ont voulu qu’il apprenne par cœur. Facile à identifier, c’est ce qu’ils répètent cent fois par jour !…

Exemple numéro deux :
La fifure. Mon dieu, ça vous stresse, la gaité. Pourtant, en cette époque où tout le monde sodomise tout le monde, c’est certainement pas l’usage de cette pratique (pas si endémique que ça chez les tantouzes, en passant) qui fait virer la région de tsour !… Moustache contre moustache, quoi ?! Les Québécoises en ont bien, des petites moustaches, suffit d’y regarder de près. C’est pas si dégoûtant, une moustache !… C’est quoi, le problème ?! Des gars pis des filles dorment avec d’autres gars pis d’autres filles, simonac, ouain, pis ?! Y vivent ensemble ?! S’achètent des navets ensemble ?! Font le ménage… La pelouse… Le ti-train baveux… OUAIN PIS ?!… Piiiis ?!

Mario !… Oh Mario !… Vas coucher dans le foinfoin ! Buse ! Truie ! Tripoteux d'amulettes ! Verroteur ! Allez ! Coucouche ! Si le Québec arrive un jour au port, de cette interminable traversée au crawl-manchot entre la grotte préhistorique et les contreforts de la civilisation, ça se fera sans vous ! Indébousables, ininformables, indouchables ignares. Ce seront vos enfants mêmes, qui vous porteront à la remise, écoeurés de voir vos fronts butés, vos yeux éteints, vos bouches tordues par les infinies répétitions des mêmes crisses de vieux slogans de tivi. « Dire les vraies affaires. Faire rouler l'économie. Donner la parole aux régions. !» C’est la porcherie l’autre bord de la rue, qui vous empêche de déceler comme il pue de la gueule, votre Dumont ?! Pire ! Votre Herr Harper ?!… Dites, z’avez le nez bouché par quoi ?!



Paix, mamours, Opinels,

É.



P.s. :
En terminant, je m’en voudrais de ne pas répéter une centième fois ma promesse à Jeff Fillion : Fillion, pour tes propos sur Martin Deschamps, je vais un jour te plonger mes jointures au fond de la face que tu te réveilleras quand le Québec sera souverain.

vendredi 16 mars 2007

Lettre à Léger Mardeketting


Messieurs-dames de Léger,

Veuillez me désabonner de toutes vos listes. Veuillez rayer mon nom de vos mémoires. Veuillez vous étouffer pour les siècles des siècles dans les graillons de votre infamie.

Je déclare par la présente que votre entreprise, ainsi que ses associés, se sont couverts de disgrâce durant cette campagne électorale, en particulier sous mes yeux horrifiés, ce vendredi 9 mars, tant par un manque flagrant de respect pour le public, les invités, et la méthodologie, que par une malhonnêteté politique (circonstancielle ou planifiée) digne des scénarios de science-fiction les plus fantaisistes.

• En acceptant de prêter votre crédibilité de maison de sondage à un exercice monté de toutes pièces pour faire battre le candidat invité.

Nul besoin d'être un génie pour remarquer que les intervenants sympathiques à monsieur Boisclair avaient été sélectionnés pour souligner, voire exalter, ses préférences sexuelles, son mode de vie, ou son attachement au projet d'indépendance. Quels angelots troglodytes peuvent prétendre nier que toutes ces caractéristiques de sa personnalité publique présentent des probabilités de lui aliéner l'électeur lambda auquel TVA s'adresse ?!

• En permettant à TVA, donc, de sélectionner les candidats selon leurs propres critères obscurs, dans un processus dénué de toute transparence, à l'arrière-goût loftacadémarde, éthiquement compromis par le résultat (flagrant), tout en se flatulant de démocrassie.

• En assistant sans mot dire à la job de bras que cette chaîne avait décidé d'imposer au processus d'information, en pleine campagne électorale.

Entre autres, en occultant carrément certains sujets brûlants tels l'Afrique Centrale, thème pourtant éclaboussé à la Une mensongère d'un quotidien la veille, et jetant dans un embarras tout artificiel un des candidats du PQ. Un des messieu-medemmes invités par vous, moi, en l'occurrence, portait une question qui aurait eû l'avantage d'offrir un éclairage nouveau sur une partie de cette sombre histoire.

J’ai informé les organisateurs de l'émission du fait que cette question, au-delà des millions de morts qui la stigmatisent et qui devraient au minimum lui assurer une place dans les préoccupations, avait également des liens profondément Canadiens, fédéralistes, et Conservateurs. Ils ont été toute la soirée en possession de ces informations et ont malgré tout préféré voir monsieur Boisclair interrogé une millième fois sur la couleur des rideaux de la chambre de bonne d'un éventuel Québec souverain.

• En permettant à TVA de laisser 50 personnes sur 70 (invitées par vous sous la promesse de « pouvoir poser leur question au leader ») poireauter dans les gradins sans leur permettre d'intervenir.

• Les caractéristiques démographiques, chères à ces messieurs-dames de la confrérie des sondeurs, n'ont pas été respectées le moins du monde. La variété des sujets abordés, non plus. L'information n'était pas au rendez-vous, et la transparence encore moins. En fait, c'était une soirée off, pour l'état de droit, le parlementarisme, l'éthique journalistique et l'avenir du Québec.

Autres thèmes inexcusablement oblitérés ?! Orford. La privatisation de l'eau. La guerre canadienne en Afghanistan. Les déséquilibre fiscal. Les surplus indécents d'Ottawa. La situation du transport public au Québec. Le recours au baillon (que M. Boisclair a sans succès tenté de mettre à l'ordre du jour au cours de l'émission). La montée de l'extrême-droite. La dérive populiste médiatique. Ne tentez pas de me prendre pour un imbécile comme vous semblez le faire pour la totalité du peuple du Québec. Ces sujets ont été abordés par les répondants, mais jugés impropres par ces bons curés de la Tivi. Le problème vient du fait qu'en vous associant à son processus grotesque et malhonnête, la Tivi prend un air de sondeur impartial, ce qui est une farce tonitruante.

Le clou de la complaisance a quand même été le moment « légal » où ces condescendants des grandes électro-sphères ont bien voulu s'abaisser (d'un ton tout absorbé) à nous expliquer à nous, la plèbe frappée de stupeur et de crainte, les impératifs de « jurisprudence » expliquant l'absence des deux autres grands partis, à savoir principalement le fait qu'ils ne détenaient pas de siège à l'Assemblée. C'est certain, à la Tivi, l'humour n'est jamais bien loin. À quoi d'autre s'attendre dans le studio d'Ad Lib ?!

Comment pouvons-nous désormais faire confiance à votre firme, sachant que pour une solde à la provenance si nauséabonde, vous êtes prêts à démarquer votre réputation, à brader l'apparence de votre intégrité, à brocanter la pseudo éthique de vos méthodes et surtout, à bazarder la croyance générale de la population dans un système médiatico-politique qui, malmené de cette façon, n'aura plus que le sol boueux du despotisme vers lequel s'effondrer ?! Si j'étais riche comme vous tous, de la classe dirigeante, vous inatteignables pourceaux qui tartinez la démocratie et l’état de droit des excréments de votre cynisme, je vous collerais un de ces procès au cul qu'il vous en cuirait jusqu'aux enfers, que vos arrières petits enfants naîtraient avec une marque au front.

Les collabos sont pires que les despotes.
Il est manifestement trop tard pour vous en rendre compte, mais l'Histoire poursuit sa route et vous ne serez pas oubliés.



Adieu.
Retirez-moi de vos listes.
Oubliez-moi pour toujours.

Soyez maudits !…


É.

jeudi 15 mars 2007

L'Homme


Pour qu'il change il faudrait le dresser ! Est-il dressable ?... C'est pas un système qui le dressera ! Il s'arrangera presque toujours pour éluder tous les contrôles !... Se débiner en faux-fuyants ? Comme il est expert ! Malin qui le baisera sur le fait ! Et puis on s'en fout en somme ! La vie est déjà bien trop courte ! Parler morale n'engage à rien ! Ça pose un homme, ça le dissimule. Tous les fumiers sont prédicants ! Plus ils sont vicelards plus ils causent ! Et flatteurs ! Chacun pour soi !... Le programme du Communisme ? malgré les dénégations : entièrement matérialiste ! Revendications d'une brute à l'usage des brutes !... Bouffer ! Regardez la gueule du gros Marx, bouffi ! Et encore si ils bouffaient, mais c'est tout le contraire qui se passe ! Le peuple est Roi !... Le Roi la saute ! Il a tout ! Il manque de chemise !...

— Louis-Ferdinand Céline

mercredi 14 mars 2007

Pion pris en passant


Il y a des temps où l'on ne doit dépenser le mépris qu'avec économie, à cause du grand nombre de nécéssiteux.
— Châteaubriand

mardi 13 mars 2007

Guide du Croutard



Le guide du Routard !… Les librairies en sont pleines de Tombouctou à Val Paraiso, de ces merdes ! Les salons du Livre n'en ont que pour ça, le guide du Croutard intérieur, le décortiqueur de la décrottation du tortillon du moi en torsades ! C'est que l'être n'est plus qu'un vulgaire tube digestif, oh non ?! Le nouvel homme est le conshommator, le dépensator... Faut le séduire, lui veeeendre des chauzes !
Partant... Tous ces guides de comment marcher sur la rue, comment prendre les escaliers, comment digérer, battre des cils... C'est une opération de noyade du poisson, une industrie de l'hécatombe sylvestre ! Tout au fond, juste au plancher de la librairie, du super méga top marché du livre et de la livritude... Au ras des chiottes, à moitié de guingois sur la bouche d'aération... Faisant crète au tapis pour les bottes slotcheuses... Juste là... Sous 89 000 exemplaires de la vie exemplaire de Bob le poisson rouge de Lara Fabian, mort sur scène devant ses grands-parents éplorés... Juste, juste juste là... Une toute petite brochure. Utile ! Sérieuse ! Vraie ! Écrite avec amour ! Probité. Pertinence... Quel est ce titre ? On arrive plus à lire... Journal ? Jour quoi ? Journal de quoi ? Boli ? Bolivie ? Ch... Che... Che quoi ? Bof... Elle est belle, cette couverture.

En vous souhaitant à tous et toutes de marcher... De voir l'aurore libres de chaînes.

Yup.

É.

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J'ai posté ça chais plus où...
Je l'avais gardé, je le reposte. Ça se fait-tu ? Boaahf...

Rwanda : la vérité, la victime oubliée


Pierre-Claver Nkinamubanzi
Le Soleil
vendredi 9 mars 2007

Le Congrès Rwandais du Canada a lu avec intérêt le papier paru dans La Presse de Montréal sur le « négationnisme présumé de M. Robin Philpot » et trouve dommage que des manipulateurs qui veulent s’attribuer à eux seuls le titre de « victimes » du génocide rwandais continuent à en faire un fonds de commerce pour Dieu seul sait quelle raison et viennent perturber la campagne électorale du Québec !

Il est connu que dans toutes les tragédies humaines, la vérité est souvent la victime oubliée. Le génocide rwandais n’échappe pas à cette règle. Le livre de Robin Philpot, lequel n’a jamais nié le génocide rwandais, a le mérite de poser des questions qui dérangent l’ONU et certains pays occidentaux qui se sont impliqués au Rwanda au cours de cette période. Son livre plaide pour une compassion collective, pour qu’on reconnaisse que le génocide rwandais a fait des milliers de victimes non seulement du côté des Tutsis, mais aussi parmi les Hutus. Le livre de Joshua Ruzibiza , ancien collaborateur de Kagame, vient de conforter de façon éclatante les thèses de Robin Philpot.

En effet nombreux sont les Québécoises et les Québécois d’origine rwandaise qui ont échappé à la folie meurtrière du Front patriotique rwandais, aujourd’hui au pouvoir au Rwanda. Au nord-est notamment, ces hommes et femmes ont fui devant la machine à tuer du FPR depuis le 1er octobre 1990. Après avoir laissé sur le carreau plusieurs membres de leurs familles, ils étaient près d’un million à être entassés dans un camp de fortune aux portes de la ville de Kigali depuis mars 1993. Il y avait plus 100 décès par jour dans ce camp de fortune au début de l’année 1994. Est-ce que l’abbé Kabayiza pourrait reconnaître que ceux parmi ces malheureux qui ont réussi à s’en sortir en 1994 sont eux aussi des victimes du génocide rwandais ? Aujourd’hui, bon nombre de Rwandais s’accordent sur le fait qu’il faut tout faire pour éviter qu’un tel drame ne puisse se reproduire un jour.

Ceux qui se donnent la peine de vérifier les faits savent qu’après l’assassinat du président d’alors, le 6 avril 1994, l’ex-rebelle Paul Kagame a ordonné à ses hommes de rouvrir les hostilités sur tous les fronts pour prendre le pouvoir par les armes ; ceci était en effet l’unique objectif de son mouvement. Selon plusieurs témoins privilégiés membres de l’armée de Kagame, ce dernier aura accompli son forfait en sacrifiant ceux qui étaient perçus comme les complices des agresseurs, toutes ethnies confondues, et qui étaient pourchassés par les milices chauffées à blanc par la peur et la haine. Les mêmes témoins racontent comment, de leur côté, les rebelles du Front patriotique rwandais rivalisaient d’atrocités avec les miliciens dans toutes les zones conquises par la rébellion.

Quelques-uns de ces témoignages peuvent être retrouvés dans l’émission « Zone libre » de Radio-Canada du 19 avril 2006, à la suite d’une enquête menée pendant deux ans par le journaliste Raymond St-Pierre. Rappelons qu’à l’issue de la diffusion de cette enquête, les mêmes démagogues ont taxé le journalisme de faire la promotion du négationnisme du génocide rwandais. Il faut remarquer que, parmi tous ceux qui s’intéressent à la tragédie rwandaise, ceux qui ont dénoncé la part de responsabilité du FPR dans le génocide ont été affublés de qualificatifs négationnistes, révisionnistes, interahamwe, etc. Parmi ceux-ci, on peut citer le professeur belge Filip Reyntjens, le héros du film Hôtel Rwanda, M. Paul Rusesabagina, qui a sauvé plus de 1200 rescapés du génocide à l’Hôtel des Milles Collines, le journaliste d’investigation Pierre Péan, l’essayiste québécois Robin Philpot, l’historienne américaine Alison Desforges, le professeur Christian Davenport de l’Université du Maryland, et j’en passe. Cette semaine à Arusha, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda, Mme Desforges a affirmé que l’attentat contre l’avion de l’ancien président du Rwanda faisait bel et bien partie du mandat de ce tribunal ; ce que Kigali et ses suppôts, dont les démagogues en question ici, réfutent énergiquement.

Depuis que l’enquête du juge anti-terroriste français Jean-Louis Bruguière a conclu en novembre 2006, après huit années d’investigations, que ce sont Kagame et ses proches qui ont organisé et exécuté cet attentat dans le but de provoquer le chaos et en profiter pour se saisir du pouvoir, les démagogues du FPR s’agitent car ils savent qu’ils ont acquis le pouvoir sur la base de la manipulation de l’opinion internationale, en tenant pour responsable de la tragédie rwandaise la communauté internationale, qui n’a pas voulu intervenir. Toute cette manipulation vise constamment à faire échec à toute tentative de vouloir en savoir plus sur la genèse du génocide rwandais. Pourtant le CRC croit que c’est un exercice nécessaire qui permettrait d’éviter que plus jamais un génocide ne puisse se reproduire dans ce petit pays africain et partout ailleurs dans le monde.

Il est affligeant de constater que le génocide rwandais est devenu un véritable fond de commerce et une arme imparable pour le pouvoir en place à Kigali. Tout opposant réel ou imaginaire est qualifié de génocidaire, de négationniste, de révisioniste et tous les « istes » de cet accabit. A la lumière de tous ces faits « nouveaux » pour certains, on est en droit de dire que définitivement « ça ne s’est pas passé comme ça à Kigali ! »

Pierre-Claver Nkinamubanzi

Président
Congrès Rwandais du Canada (CRC)

lundi 12 mars 2007

MONSIEUR !… MADAME !…

J'étais saoul comme un premier du mois lorsqu'un message de Léger est apparu dans ma boîte. Voici, en copié-collé ce que j'ai vraiment vraiment répondu au questionnaire de Léger Marde-kétaine en question. Ils m'ont appelé trois jours plus tard.



Ma question à Boisclair était moins roffe, mais bon sang, y savaient à qui y z'avaient affaire ! En fait, ils espéraient peut-être mettre un cinglé sur la route du petit précieux, histoire de le tilter. Ma question finale, toute mesurée, politique, et somme toute dangereuse les aura effarouchés. Ah, pis ouain, l'Afrique, on s'en câlisse, aussi. Évidemment. Tant que les diamants sont gratos, tout va bien.


Reçu ceci de madame Fmurr'oncle



Stie, Vig. Lotsa souvenirs.

dimanche 11 mars 2007

Crosseurs


Kin, ça vient de me revenir.
L'impression que j'avais en sortant de cet endroit, hier. Tout le monde autour qui fait le party, pis moi, indigné… Étranglé par la vexation.



Je vous raconte. Nous sommes entre nous, de toute façon.


J'avais toujours été contre l'idée des concours artistiques. Je trouvais géniale la formule de Woody Allen (qui refuse d'aller aux Oscars parce qu'il joue de la clarinette dans un bar de NY le lundi soir) qui disait : « Pas de compétition entre artistes. »

« Faire l'Empire ». Cette expression bien connue des musiciens montréalais d'une certaine époque vaut la peine qu'on s'y attarde trois minutes, juste dans tout ce qu'elle a d'ironique !… En tout cas. L'Empire exigeait des chansons en français et je n'avais écrit jusqu'à ce jour-là qu'exclusivement en anglais. J'ai dit oui à un pote. Pour le défi. J'ai écrit 6 chansons. Puis, le petit underground de l'époque, Station 10, Tycoon, LaTerrasse, CKUT, Foufs… commençait sérieusement à me gonfler. La transition nous a parue facile, en apparence. Enfin, nous remportions des « victoires », etc. Malgré tout, ça laissait un drôle de goût, entre autres, le jour où nous avions assisté aux incompréhensibles éliminations des surdoués de Labaye Band et de Deep Freeze, dont le chanteur Martin Deschamps avait déjà tout les atouts qu'on lui connait. J'avais entendu des commentaires des organisateurs… Disons que si le Dieu chrétien existe, ça sera triste de voir ces gens de CKOI au jugement dernier. Juste pour leurs paroles de ce jour-là, pour ce qu'ils ont dit de Martin, on les verra disparaître, ensevelis sous trois chargements de couilles moisies arrachées au préalable aux derniers arrivés des membres du KuKluxKlan. Enfin. Si le Dieu chrétien existe, évidemment. C'est pas ce qu'on leur souhaite, aux dirigeants de CKOI. Quoi qu'on leur souhaite pas non plus la réincarnation avec kharma. Ouf ! Non, non, non. On sait plus quoi leur souhaiter.

Toujours est-il que je me retrouve un jour en demi-finale de ce concours au nom improbable de « L'Empire des Futsures Stars ». Qui a pondu cette absurdité ? Allez savoir. S'il ne se manifeste pas, c'est peut-être qu'une couille lui obstrue la bouche. Bon. Par le plus grand des hasards, un de mes potes (un autre que l'avenir ne gâtera pas d'un kit auréole-nuage-bagel) fait partie du jury. C'est à l'époque un homme honnête (ça changera, c'est comme ça dans la bizness) et évidemment, il se retire de l'évaluation au moment de notre prestation. Cependant, comme il est parmi les juges et voit tous les scores, beeeh, il apprend qu'on plante tous les autres. Alors il passe discrètement à côté de moi à un moment dans la soirée, avant l'apparition du dernier groupe, et me souffle que nous sommes premiers avec une avance insurmontable.

Faut j'explique que dans ces conneries de fucking concours, on dit aux pauvres nonos concurrents que les évaluations fonctionnent aux points. Grosso modo, si ma mémoire ne me trahit guère (en vlà un, miracle, si jamais), ça allait genre :

Textes : 20 pts
Musique : 20 pts
Arrangements : 20 pts
Présence sur scène : 20 pts
Réaction du public : 20 pts

Le même pote m'a dit plus tard qu'on avait 98 points. Aucune idée si c'est vrai. Pas d'importance, parce que anyway, les points… Enfin. Quatre groupes passaient à la finale, nous étions bons premiers avec un seul concurrent encore en lice, je me suis mis à sourire, à boire, à célébrer et tout, et dans mon habituelle mansuétude, à m'inquiéter du sort des autres, les trois-quatres autres groupes honnêtes, qui comme nous savaient s'accorder, pour qui chanter dans le voisinage de la note faisait partie des préoccupations plus que la coiffure, etc.

Chus pas et j'ai jamais été séduit par les ti-lookers qui jaillissent spontanément bon an mal an, imitations de la première roche dans le sentier, look, style, gnagna. Non. Pantoute. Je suis nul doute quétaine, mais de l'école (vieille ?) du pay your dues, ce qui veut dire joue, joue, joue. Tourne, monte, démonte, joue, joue, joue. Joue devant 3 personnes à Jonquière, joue devant 3405 personnes à Thunderbay. Joue grippé, joue défoncé, joue à jeûn, joue, joue, joue. Donc, moi, pour être honnête, strictement honnête, la plupart de leurs ti-groupes, à l'Empire, surtout ceux de la vague de cette année-là (les sous-PearlJam, sous-Nirvana), look parfait, tounes pourrites, ça m'a jamais allumé. Pardonnez ma disgression.

Gros connard, oui, mais tout de même expérimenté, je décide de ne pas dire un mot de l'histoire à mon band. Je les laisse tripper, goûter au rush de l'incertitude. De mon côté je me marre bien. Écrapou dans la loge, je reçois les éloges emphatiques de Francine Raymond, qui devait bien essayer de se faire manger la noune par un ti-jeune. À l'époque elle était une freaking mégastar au Québec, ce dont j'affectais de me foutre, mais qui me faisait quand même le plus bel effet. Je voyais un avenir radieux s'ouvrir pour mes chansons, pour mes idées, pour la belle gang avec laquelle je faisais ce trip, Adi Bance, Berthil Shulrabe, Stef Campeau. Je les nomme !… Trois asti de pros. Trois Dieux. Je le dis, j'étais choyé. Chanceux qu'ils me laissent chanter pour eux. La finale, à l'époque, ça voulait dire beaucoup. À moins de tomber sur l'étiquette qui s'apprête à faire faillite (genre de badluck qui n'arrive qu'à moi), ça impliquait une sérieuse passe sur la palette dans l'enclave. Donc, je rêvasse, je planifie, c'est ben juste si dans ma tête chus pas rendu en 2025, président de la République Socialiste Souveraine du Québec quand tout le monde fait « shhhhht ! » et l'annonceur entame son laïus. Dommage pour Adi, il voit ma tête, comprend que j'ai parlé à ce juge, et se rassoit, soulagé, serein. Les autres se mangent la peau des doigts, ce qui est toujours mauvais surtout pour un bassiste, en tout cas.

Leeeees finalistes sooooont :
[clap clap clap shhhhht !)
Les PUPU PLATTERS !
[clap clap clap shhhhht !)
Ça c'est la gagne de Nirvanas-compatibles de l'année. Faut les aider à accorder leurs guitares.

ÉVA-NAISSANCE !
[clap clap clap shhhhht !)
Trois fifs de Westmount sur-équipés s'adonnant de-ci à une traduction directe de The Cure, de-là à un hommage paresseux à U2.

NICOLE LEPAGE BAND !…
[clap clap clap shhhhht !)
Que dire de cette connasse ? Elle voudrait être Sade. Elle n'a ni les lèvres de la pulpeuse, ni l'ombre de l'étiquette du couvercle de l'encrier de la plume du Marquis. Elle a rien. En fait, si. Elle sert d'exemple, parce qu'elle essaie. Elle tente très fort de fitter dans le trip de CKOI, votre radio au boulot, votre radio compressée, comprimée, déprimée, réverbérée, grasse du bide, votre radio tout sauf rock. Nicole Lepage, boah, tout le monde sait bien qu'elle a minouché les bonnes bananes. Ça devrait normalement me réveiller, sa nomination, à elle, parce que… aux points, elle a que les arrangements. Y ont intérêt à être bons, les arrangements ! Elle a engagé Pierre Lalancette, le plus pro des pros, 45 disques dans son CV, qui lui a facturé 5000 $ pour la job. Je le sais, c'est mon voisin.

Adi me regarde, les yeux pleins d'inquiétude, mais voit ma totale assurance et croise les bras en hochant la tête.

Eeeet le deeeernier groupe finaliiiiiisteeeee…
De l'édition 1989 de l'EEEEeeeeeemmmmmpiiiiiire des gnagangnagnangng…
…Eeeeest…
ANDROIIIIIIIDE-ESPION !…

Tonnerre d'applaudissements.
— Androïde-espion ?!
Deux mecs pognés sur DEVO sans en avoir compris l'ironie, qui dansent en robots derrière des piles de séquenceurs programmés sans expression, sans vélocités, sans rien. On écoute les séquenceurs. Djidjidjidji !… Leur seule esti de toune écoutable est un plagiat de TransEurope Express de Kraftwork et ça fait cinq ans qu'ils la jouent dans tous les concours.

Les applaudissements continuent. Je ne sais pas comment me sentir. Je ne sais pas quoi faire. J'attends un cinquième nom de groupe, le nôtre… J'attends une explication. Francine Raymond débarque dans la loge en hurlant.
— C'est un vol, les tabarnaks ! Vous étiez premiers ! Z'étiez certains de gagner ! Voyons donc !
Je suppose qu'elle espérait se faire déboucher le canal par un ti-jeune. Moi je regarde le fucking mur.

Je me suis levé d'un coup. J'ai descendu mon stock en avant du bar, dans la neige, je m'en crissais ! Ma blonde, toujours géniale, est descendue en mettant son manteau, surveiller tout mon gear. Ensuite j'ai viré le trap-case des pieds de cymbales, puis j'ai sorti le gros Twin-Reverb, puis ensuite j'ai attrapé tout seul mon hostie de câlisse de monstre de Traynor 2x15" pis je l'ai descendu tout seul en sentant bien comme il faut mon dos qui se chiffonnait. En descendant, j'accrochais les murs, je faisais des gros trous dans le gyprock, j'arrachais les affiches dans l'escalier… J'ai croisé Denis Grondin. J'ai posé l'enceinte sur une marche pour le laisser passer et il m'a touché l'épaule en disant  :
— Paaauv Éric.

Qui comprendra que ça, c'était le pire moment que j'avais vécu de ma vie, qui soit associé à la musique ? Pourtant, en deux années de tournée top-40, en dix ans dans la scène sous-terraine, stie, j'en avais bien bavé.

Personne ne pouvait détester Denis Grondin. All 'round good guy. Moi non plus, je ne le détestais pas. Même son accent insupportable à CHOM, dans le temps, même son incapacité à cesser d'attribuer une toune de Robert Johnson à Clapton, un solo de guitare à Robert Plant, ou à mélanger Waters et Gilmour, même sa manie presque sciemment cruelle de couper au milieu toute pièce de vieux rock comprenant une mesure de silence (30 fois Court of the Crimson King), rien ne faisait qu'on pouvait le détester, parce que c'était le type bon, bon comme du bon pain, incapable de faire du mal à une mouche (bien que génocidaire d'intros de tounes).

Ce geste qui se voulait empathique, cette tentative de m'encourager, m'enleva pour toujours la moitié de mon désir de me produire en public. Ça n'est jamais revenu. Quelque chose s'était cassé en haut, dans la loge, ma très relative confiance dans le système, dans le poste de radio en question, etc. s'était effondrée, mais ça, c'était dans l'ordre des choses.

Non, je me sentais révolté, floué, crossé !… Tous ces sentiments, aussi horrible que fut cette soirée pour mon groupe et moi, avaient en commun un truc marrant… C'étaient des émotions rock'n'roll. Je veux dire que tant que je sortais mon stock comme un géant indigné, plus grand que nature, tant que ma colère me portait, j'étais Townsend ! Helm ! Strummer !… je demeurais digne, quelque part. Digne de monter sur scène un autre jour, digne de cracher un gros power chord sale à la tronche de la première rangée.

N'importe quel autre mec de CKOI m'aurait dit ça, je l'envoyais valser jusque sur le trottoir, mon monstrueux cabinet par dessus. Et je serais resté debout, guitare au cou, pied-boom dans le visage, les orteils au bout du stage.

Mais ce « paaauv Éric », non. Tous mes muscles se sont vidés, j'ai dû attendre un pote pour finir de descendre la grosse crisse de boîte de 400 W. Aux yeux de Denis Grondin, cet être congénitalement incapable de prononcer le "Iron" de IronMaiden…

J'inspirais la pitié.

samedi 10 mars 2007

Mal-rêve



Alors, après tout ça, hébété, stupide de colère, je me suis endormi que vers les 4h.

En rêve, j'aspire une araignée.
Je me réveille assis dans mon lit, suffoquant. Un truc coincé juste à l'entrée de ma trachée, suspendu entre l'estomac et les bronches. Ça bascule d'un côté, je meurs à cours d'oxygène. De l'autre, ça se dissout dans mes acides gastriques. Une grande tristesse me submerge, la ferme impression de partir sans avoir terminé mes trucs.

Je me suis extirpé du lit. J'ai fait les trois pas qui me séparaient de ma chaise sur le plancher glacé. Et là, scillant, sifflant, je me suis forcé à tousser, je me suis râclé la gorge. Pendant de longues minutes, j'ai lutté contre l'asphyxie. J'avais parfois L'impression que la plume, le cil, ou le grain de poussière, bougeait. Je me suis assis à mon bureau, et bizarrement, tout en pleurant de rage, de désespoir et d'angoisse, j'ai relevé mes courriels. Je sais que ça parait impossible, mais c'est ce que j'ai fait.

Je suis ensuite allé, ô comble du ridicule, voir les stats de mes deux blogues. Soudain, je me suis senti partir !… Comme toute la pièce sombrait dans un nuage, une quinte de toux profonde et violente m'a strié les bronches. Une masse est remontée dans ma bouche. J'ai craché sur le papier hygiénique immaculé. Curiosité morbide ? J'ai regardé.

Je le jure sur tout ce qui m'est cher !
Dans ma main, sur la blancheur recyclée d'un papier cascade équitable, bio, nourri au grain… Parmi quelques matières jaunâtres, je vois trois pattes. Trois pattes articulées, reliées par un petit morceau d'abdomen. Je prends mes lunettes pour mieux voir. Incrédule, je pousse du bout du doigt. Je dégage le cadavre. Je le retourne. J'examine. Je pense à prendre une photo. Finalement, boaahff ! Coup de tête, je chiffonne le tout et je lance ça à la poubelle. Je me recouche.

Toute la journée d'aujourd'hui, j'ai recraché de petits morceaux de son corps. Le corps de cette sale petite bête qui a involontairement attenté à mes jours. Pas par méchanceté, pas par intérêt, simplement parce que je l'ai aspirée durant mon sommeil. Ensuite, dans le combat qui nous a opposés, la petite chose luttait pour sa vie, c'était sa nature, et je luttais pour la mienne. Tout en lisant mes courriels.
Elle se câlissait bien de la prétendue supériorité de mon espèce. Elle ne se rendait pas compte que pour elle, tout était scellé. Sucs gastriques ou ventricules des bronches, point de salut pour l'arachnide. À sa place, aurais-je la sagesse de baisser les bras ?! De me laisser glisser jusqu'au fond de la fournaise ?! Saurais-je reconnaître la sérénité qu'il y a à lâcher prise, quand de toute façon tout est perdu ?

Ou alors, au contraire, est-ce qu'à sa place je lutterai jusqu'à mes dernières forces, jusqu'au bout de la nuit, pas seulement parce que c'est ma nature, mais surtout, parce que c'est le fun en tabarnak !?

Révolution armée

Le jour où j'ai enfin compris ça, eh bien c'est aujourd'hui. Tantôt.

Je l'avais lu chez Bakounine, ou Guevara, mais... je suis d'un naturel tranquille, plutôt calme, bonne poire... J'ai toujours gardé (sans m'en rendre compte) un espoir nono dans le système. Je me disais que ça ne pouvait pas être si simple. Que des gens, à l'intérieur de la grille de répression devaient forcément rester humains, et créaient de temps en temps des brèches par où il serait possible d'infiltrer l'espoir douillet de la réforme.


Je revenais de TVA tantôt en pleurant comme un enfant. Je marchais sur Ontario. J'ai ému un travesti, qui m'a offert un peu de réconfort en échange d'une somme qui représentait la totalité de mes économies. J'ai pas répondu, en fait, j'étais comme occupé à brailler. C'est plate, quand y fait froid, pleurer. Les larmes gèlent, font des boules dures aux commissures des paupières. Ça pique, ça pince. Ça ajoute au malheur, on dirait.

Aujourd'hui, votre parti de gauche, Québec Solidaire, a montré que, de deux choses l'une : soit c'est un parti marionnette mis en place pour empêcher la souveraineté, ou encore : c'est un parti dont la principale porte-parole est une commère maladroite, incapable d'évaluer l'ampleur d'un sujet pourtant lourd d'une dizaine de millions de morts, incapable de réfléchir avant de bavasser les pires sophismes :

Philpot ose se faire photographier avec un violeur. Nous savons que c'est un violeur parce que le TPI a jugé qu'il en était un. Que Philpot prouve dans son livre que le TPI a erré, voire même, que le TPI est un gros tas de marde, n'est d'aucune utilité.

Les truies ont quatre pattes, Françoise David a quatre pattes, donc, Françoise David est un violeur et elle nie le génocide.

Ou encore : Françoise David est antisémite. Toute personne prouvant le contraire ne peut être qu'antisémite. Puisque comme elle est antisémite, il n'y a que des antisémites pour se porter à sa défense, en fait, toute personne lisant ce texte jusqu'au bout, après avoir lu le nom de cette antisémite en début de paragraphe est probablement un antisémite. Et un violeur !…
Qui nie le génocide.



***



La cie Léger Marketting (que le vomi les submerge au jugement dernier) m'a offert il y a quelque jours d'aller poser une question à André Boisclair en ondes. J'aurais préféré les deux autres «vrais» chefs (ceux qui prennent au moins le temps de savoir de quoi un truc retourne avant de chier sur 10 millions de morts), parce que je les hais plus que Dédé. Mais j'ai accepté, en me disant tout de suite que j'en profiterais pour parler en ondes de Barrick Gold.

Ensuite, j'ai eu d'autres idées de questions, variées, vous les retrouvez ici, sur ce blogue que 100 personnes ont visité, ces questions que pas un seul électeur n'a commenté.

Finalement, LaPresse a fait une jolie une avec Philpot, vous connaissez le reste, une nouvelle étape est franchie dans la connerie de ce pays infiniment con. Depuis hier après-midi, tous les commentateurs reprochent à Philpot ses "propos de mardi", alors qu'il est question d'un livre paru il y a des années ! La parution de cet article m'a forcé la main. J'ai donc choisi de poser ma question sur le Rwanda.

Arrivés à TVA à 17h30, les gens sont laissés dehors à geler pendant un bon bout de temps. Moi, je suis passé par une autre porte, j'ai même pris un badge… Eh eh. Je fais rien comme c'est supposé. On entre finalement dans la salle.
On se rend vite compte qu'ils ont invité 100 personnes, et que l'émission, qui dure 90 minutes, ne pourra donc donner la parole à tous. Certains sont descendus de Lanaudière. Aucun cachet ne nous est offert. Un buffet de la plus piètre qualité imaginable a été laissé à sécher pour nous derrière, sennewiches pas de croutes, coke, chips, etc.

On poireaute une demie-heure. Un gentil monsieur très drôle nous explique ensuite qu'il y aura 19 questions, que c'est comme ça, la semaine d'avant, les gens ont chialé, il veut pas de chialage, c'est ainsi, spa tout le monde qui peut parler, « c'est ça la démocratie ». ILS ONT CHOISI LES 19 QUESTIONS. Voilà comment on laisse la parole au peuple. Quand même, il nous rassure, on a été sélectionnés parmi 10 000 répondants, puis on a fait un tri des 400 meilleurs, et nous faisons partie des 100 qui ont le privilège de passer à la télévision. En plus, il y a une liste de "backup" et c'est bien possible qu'on pose 23 ou 26 questions. Donc, que ceux qui ne sont pas sur la liste demeurent sur place ! On fera peut-être appel à eux ! En fait, on comprend vite qu'ils se servent de nous comme figurants sans salaires, qu'ils ont besoin de nos corps physiques pour remplir les chaises de leur "town hall".

Il est six heures, eh bien, le show est en direct à 21 heures. Tout ce temps se passera en répétitions, cues, niaisages de tivi, etc.

Le gentil monsieur (il m'est sympathique pour de vrai, en plus, marrant, s'exprime bien, et tout...) lit la liste de 19. Je suis pas dedans. Je demande à ce qu'on lise la liste des backups. Je dis que c'est un minimum de respect que de nous permettre de savoir tout de suite si on risque de passer, histoire de décider ce qu'on fera de notre soirée en connaissance de cause. Il refuse. J'insiste. D'autres s'insurgent. Mini révolte. Il met la faute sur Léger Marketting. Ils devaient nous prévenir qu'on avait une chance sur quatre de parler. Puis, ensuite, il nous fait remarquer qu'on est quand même une belle bande de cons, si on a pas compris en voyant celle de la semaine d'avant avec Monsieur Charest, qu'y aurait que 20 questions, et une centaine de blaireaux qui se tournent les pouces sous les spots. J'insiste quand même encore, faisant mine de rassembler mes affaires. J'en profite pour demander si une des questions choisies parlera du Rwanda, de l'affaire Philpot. On me dit que non.
Puis le gentil monsieur (qui m'a compris mieux que moi-même) m'annonce que je suis back-up. Ça me ferme la gueule. Je suis content. Tant pis, les autres 79 cloches, je me fous bien d'eux, en fait ! C'est ma propre vanité, qui compte... HEIN ?! Man ! Non. Reprenant mes esprits... Je réinsiste. Savez ce qu'il nous dit, le bonhomme ?! Qu'il n'a pas sa liste sur lui. Ça veut dire qu'ils savent sciemment qu'on ne resterait pas sur place, sachant qu'on ne va pas pouvoir ouvrir la gueule.

Alors ils nous séduisent... C'est ici-même dans ce studio qu'on tournait Ad-Lib ! Moues. Le Grand Blond ! Un ou deux «hmmmm». Un vieux demande : «Parle parle jase jase ?!» Euh... Non. Rires. Déceptions. Je suppose que c'est un honneur de se trouver sur une chaise raide dans l'ancien local ou se tournait jadis le talk-show de Coalier. Je n'ai pas une érection, pas tout à fait. Bon.
Processus érectoral lent.

Un voisin d'infortune me dit qu'il va rester pour voir ce que c'est, pour voir le show de l'organisation de l'affaire. Je me dis : bon. En fait, si j'ai 1% de chances de mentionner Barrick en ondes, je dois aux Africains de rester.

On nous transfère de studio et nous nous retrouvons dans le studio d'Ad-Lib encore une fois, c'est juste qu'une des deux fois on nous a menti. Boa. C'est la démocratie. J'ai saigné du nez dans le premier studio, j'arrive le dernier dans la salle et je prends place dans la toute dernière rangée, à l'extrémité des gradins. Par rapport à Boisclair et à Charron, je serai à leur extrème gauche. Eh eh. You bet.

On nous fait répéter le déroulement de la soirée. SURTOUT, il ne faut pas applaudir quand Boisclair entre en scène. SURTOUT pas d'applaudissements. On nous répète 20 fois cette consigne, mais sans jamais la justifier. Boaf. Nous sommes si dociles. À la toute fin, on me demande de poser ma question, mais une dame qui avait réquisitionné ma feuille ne me l'a jamais rendue, malgré mes 5 demandes de plus en plus pressantes. Elle me l'apporte, il est 8h55. Je lis donc mon papier, nerveusement, avec tout le monde qui s'affaire autour. Ils m'avaient demandé de la couper un peu, sauf que je n'en avais pas eu l'occasion, alors je la lis telle quelle. Remarquez que plusieurs des Monsieurs et Madames ont des questions trois fois plus longue que la mienne. C'est juste que quand ça parle des nègres en Afrique, c'est mieux de pas durer trop longtemps. Bref, je lis ma question. Je vous jure qu'il y a une certaine réaction dans la salle. Tout au long du shoooow, des spectateurs autour de moi me feront part de leur espoir que ma question soit posée.

21h !
Charron fait son intro, négligeant de mentionner qu'il s'agit d'une copie grossière et el-cheapo d'une émission française (comme c'est la première fois qu'on fait ça !). En fait, à l'écouter, on a redonné ses origines à la démocratie ! Comme jadis, le candidat rencontre monsieur et madame tout le monde, etc.

Monsieur Boisclair entre dans le studio.

Il faut un encéphalogramme totalement plat pour ne pas voir le plan de match grand guignol retenu pour l’opération. C’est un traquenard. Les apparences seront sauves, presque rigoureusement une moitié d’intervenants lui sont sympathiques. Mais la job de bras est ailleurs, plus subtile. L’idée n’est pas de se démasquer. L’idée est de fournir une apparence de pluralisme. Donc, sur 10 000 candidats, TVA a choisi des questions «amies» qui prouvent que : 1) le PQ veut faire la souveraineté tout de suite, même si c’est très dangereux ; 2) Boisclair est vraiment gai, et défendra bec et ongles les droits des homosexuels. Et des questions «hostiles» : 3) Boisclair a sniffé de la coke, porte une cravate, est un fils de riche, on l'aime pas ben ben.

Tout se déroule très vite. À un certain moment on parle même d'insérer 4 "backups". C'est le terme anglais utilisé tout au long de l'émission pour nous représenter, nous, les remplacants, les extras, les autres. Je m'installe comme je peux pour réécrire ma question, compte tenu de la journée, de l'émission elle-même, du ton général, etc. À un moment, j'avais un préambule qui exécutait F.David, mais je l'ai biffé. J'essaie de faire plus court. Je l'ai trouvée longue, tantôt. J'étais nerveux en esti, aussi.

Eh bien. Alors que ma question semble inévitable, on se met à faire de l'AdLib (!) un monsieur repose sa question 3 fois, la même, à l'invitation de Charron. Un autre ajoute un second volet. Une dame a trois volets, elle. Malgré tout, il reste des tonnes de temps. On fait signe aux animateurs d'étirer. Soudain, Charron dit que c'était la dernière question. J'ai bien entendu l'appel dans les écouteurs des techniciens, juste à côté de moi : «3 minutes». Ben non. Pas de Barrick Gold à la TV. Ça va rester ésotérique.

Si c'était important, y en parleraient à TV.
Pis vu qu'y parlent jamais à la TV du fait qu'y en parlent jamais à TV, ça veut dire que Françoise David est un violeur. Et une truie.


L'émission se termine sur trois longues minutes de plans absurdes de gens descendant les gradins, mettant leurs manteaux, s'agglutinant (sans sono) autour de Boisclair pour l'interroger. Je me dis «boaah». On nous convie à un buffet dans la salle attenante. Je vais presque directement à Boisclair. Décidé à au moins jauger son niveau de compréhension de la fédé canadienne. Et puis, s'il n'est au courant de rien de tout ça (ça expliquerait son silence là-dessus pendant la campagne), bon sang ! Ça lui fera des armes, et il pourra discréditer Charest, le dénoncer comme la taupe fédéraste coiffée en rouflaquette qu'il est !

Poignée de main excellente. Il a la main douce. Mais serre fermement, complètement. Machin. Je lui dis que c'est ma question, censurée, qui a laissé un flou étrange à la fin de l'émission. Il m'offre de l'entendre. Demande si je l'ai sur moi. Je ne l'ai plus, mais, j'y vais par coeur. Je shoote l'histoire de Barrick, de Power Coporation, etc. Eh bien, sa réaction ?
Il dit, glacial :
« J'entends ce que vous dites. »
Puis, il tourne les talons et engage la conversation avec quelqu'un. Il me tourne le dos. Je reste là, pantois. Médusé. Je décide de me calmer avec une coupe de bino tinto. On me sert une piquette si âpre, si imbuvable, que même moi, habité aux Bandols à 1.20 E, aux Côtes-du-Rhones 1L pour 1 E en spécial au FranPrix de la rue Belleville, suis incapable de l'avaler. Pourtant, j'ai soif !
PLusieurs me demandent : «Qu'est-ce qu'il a dit ?! Comment qu'il a répondu ?!» Que voulez-vous que je dise ?! La pure fucking vérité :

Y s'en fout.

LA question que j'étais censé poser

Bonsoir Monsieur Boisclair,

Une multinationale canadienne, Barrick Gold corporation, proche de Steven Harper et de la famille Bush, est impliquée par de nombreuses sources crédibles dans l'hécatombe qui sévit depuis 1994 au Congo-Kinshasa, et au Rwanda. 10 millions de morts. Pour du cash.

L'or que ces pilleurs arrachent aux Africains sert, entre autres, à combattre la souveraineté.

Les attaques contre Robin Philpot sont-elles téléguidées d'Ottawa ?!

vendredi 9 mars 2007

TRANSPORT -- Q AB, version 10

[gn] Monsieur Boisclair, j'arrive d'une tournée de promotion en France d'une durée de deux mois. Je vous ai apporté ici le ticket de train que je me suis procuré pour rejoindre Marseille, de Paris, un trajet de 800 km, à peu près Montréal - Matagami. 30$ en première classe. Trois heures. À mon retour, je suis allé prononcer une conférence à Trois-Rivières à 144 Km. Voici le billet d'autobus (le train était exorbitant) que j'ai acheté à cette occasion : 22 $. 2h25. C'est le tiers-monde, ici, ou quoi ?!

BABYBOOMERS -- Q AB, version 9

[bzzz] Monsieur Boisclair, est-ce parce que les enfants des Babyboomers ne sont plus à l'école que Jean Charest peut se permettre de détruire l'Éducation impunément ?

ANSCHLUSS -- Q AB, version 8

[gnagna] Personne ne parle de la SPP (ont-ils trouvé un nom en français ? savent-ils que le Québec est en Amérique ?). En anglais, ça s'appelle le SECURITY and PROSPERITY PARTNERSHIP of AMERICA. Disons Partenariat pour la Sécurité et la Prospérité. Aussi connu sous le nom de North American Union. Ce n'est pas ésotérique, c'est sur le site de la Maison Blanche, le gouvernement des États-Unis. Il est étonnant qu'on en informe pas les gens, car il s'agit à toutes fins pratiques d'un projet d'annexion militaro-économique du Mexique et du Canada par les États-Unis, SIGNÉ en 2005 par Martin, Fox et Bush. Dormez-vous au gaz, au PQ, pourquoi ne parlez-vous pas de ÇA durant cette campagne électorale ?!

ZLEA -- Q AB, version 7

[politesses] L'armée de mon pays a ouvert le feu sur moi en mai 2001. Je jouais des percussions parmi un grand groupe de jeunes et de moins jeunes lorsqu'après d'incompréhensibles hurlements au mégaphone, l'armée s'est simplement mise à nous tirer dessus. Les gens se disent "oh, des balles en caoutchouc". J'en ai ramassé une, de ces balles en caoutchouc, monsieur Boisclair, elle venait de pulvériser une brique dans un mur situé juste derrière moi. C'est dur comme une rondelle de hockey, un balle en caoutchouc, monsieur Boisclair. De quel côté du mur vous trouviez-vous, cette semaine-là ?

ÉDUCATION -- Q AB, version 6

[politesses] Monsieur Boisclair, j'ai écrit un livre dont le sujet principal est la dérive infanticide de la société québécoise. Celle-ci se manifeste de nombreuses façons. Selon moi, lorsqu'un gouvernement piétine les crédits de l'éducation, envoie la police matraquer les étudiants, liquéfie les budgets de recherche, il poursuit cette drôle de tendance, du meurtre de la descendance. Le gouvernement Charest est coupable de ces agissements, mais votre parti n'a pas fait mieux quand il en avait la chance. Les jardiniers le comprennent, on récolte ce qu'on sème. Les fans de hockey le comprennent, pas de repêchage, pas d'équipe. Même les animaux le comprennent, tout pour protéger les petits. Comment se fait-il que vous, les politiciens, aussitôt en poste, oubliez tout bonnement que les jeunes représentent l'avenir ?

jeudi 8 mars 2007

ARMEMENT -- Question AB, version 11

[politesses] Monsieur Boisclair. Steven Harper a procédé à des achats militaires d'une valeur de 25 milliards de dollars au cours de sa première année de mandat. On peut supposer qu'à peu près 6 de ces milliards (25%) viennent des poches des Québecoises et des Québécois, grosso modo 1000 $ chacun. Si vous formez le prochain gouvernement vous engagez-vous à nous sortir de ce bourbier ?

GUERRE -- Q AB, version 4

[politesses] Monsieur Boisclair, le Québec est, et a toujours été une nation profondément pacifiste. Un Québec souverain se retira-t-il de la Guerre des Civilisations des Bush ? Le Québec peut-il compter sur un éventuel premier ministre Boisclair pour sortir les troupes québécoises d'Afghanistan ?

W BUSHARD -- Q AB, version 3

[politesses| Monsieur Boisclair, le Québec a connu deux variétés de Péquistes. Les bâtisseurs : les Lévesque, Godin, Parizeau. Et les démolisseurs à la Lucien W Bouchard. Quel sorte de Québec peut-on espérer du PQ du 21e siècle, et si vous réussissez à inverser la tendance, quelle variété de premier ministre péquiste représenteriez-vous ?

AFRIQUE -- Question Boisclair, version 2

[politesses] Monsieur Boisclair, les liens unissant ces messieurs Charest et Harper ne sont plus à démontrer. Monsieur Munk, président de Barrick Gold, est un des principaux financiers de Harper. De nombreuses sources, [Human Rights Watch, le Comité sur les Relations Internationnales de la Chambre des Représentants des États-Unis, le journaliste Wayne Madsen, l'ancien Secrétaire Général de l'ONU, monsieur Kofi Annan, le juge français Jean-Louis Bruguière] pointent vers Barrick Gold dans le cas du génocide Congo-Rwandais qui se poursuit au rythme affolant d'un million de décès par année depuis 1994. Les diamants que ces pilleurs arrachent aux Africains servent aujourd'hui même à vous combattre. Croyez-vous que les attaques dont Monsieur Philpot fait l'objet sont téléguidées d'Ottawa ?

KULTURE -- Question à Dédé, version 1

[politesses] Monsieur Boisclair, je suis romancier, et comme tous les artistes du Québec, je vais vouloir défaire les libéraux, qui sont en train de tuer les arts québécois. Votre parti a, dans le passé, en démantelant le système d'éducation, largement contribué à l'illetrisme fonctionnel de la nation. Qui nous lira, dans le Québec analphabète de demain ? Comment allez-vous faire pour nous convaincre de ne pas voter QS ?

8 Mars


C'est ma tite tradition, on se refait point, entre autres tares antisociales, chus féministe « imprimé dans la laine » comme qu'on dit en angliche. Le 8 mars, j'envoie mes voeux, pis un tibout de texte, ou ketchose.

Une Saoudienne victime de viols écope de 90 coups de fouet! (05/03/2007)

RYAD Une Saoudienne, kidnappée, violée par un gang et battue par son frère, a été condamnée à 90 coups de fouet pour avoir rencontré un homme dont elle n'était pas parente, rapporte lundi un quotidien.




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Chaque jour, le déjeuner, le dîner ; chaque jour la vaisselle ; ces heures indéfiniment recommencées et qui ne mènent nulle part : vivrais-je ainsi ? Une image se forma dans ma tête, avec une netteté si désolante que je me la rappelle encore aujourd'hui : une rangée de carrés gris s'étendait jusqu'à l'horizon, diminués selon les lois de la perspective, mais tous identiques, et plats ; c'étaient les jours et les semaines, et les années. Moi, depuis ma naissance, je m'étais endormie chaque soir un peu plus riche que la veille ; je m'élevais de degré en degré ; mais si je ne trouvais là-haut qu'un morne plateau, sans aucun but vers lequel marcher, à quoi bon ?

Simone de Beauvoir, Mémoires d'une jeune fille rangée
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Au sujet des vioques



Cher monsieur Dompierre,

Je vais éviter à l'avenir de te bourrer le blogue (ainsi que celui de M. Brisebois) de mes interminables étronniots. Je m'adresse donc à toi ici à la place. C'est à peu près temps que je reçoive moi itou, depuis le temps que je m'évache dans ton salon.
Y a des glaçons dans le frigo, des havanes dans le tiroir, deux bonnes bouteilles sur la table, pis un spittlepot dans le coin.

Tsé, S., j'ai vraiment fait la run de lait des Saloons du Livet en long pis en large pis de haut en bas.

Des débris à peine capables d'aligner trois paragraphes qui pontifient au micro pendant une heure et demie sur "le génie de la phrase", sur leur journée-type (debout à 6h, déjeuner des kids, garderie, écriture sévère jusqu'à 13h, ensuite, un petit whippet en faisant la lessive...), j'en ai vu cent, minimum. Des phrases comme « la vie est rendue tellement facile, de nos jours, y faut qu'on s'invente des drames, des peurs, des histoires... », si j'en ai pas entendu 3000... Comique, ça adonnait tout le temps que je venais de lire une dépêche sur les escadrons de la mort en Irak, ou sur les rape-camps en Afrique, alors...

Attendez... Je... sans blagues, je suis, sans vouloir me vanter, un saint. Personne ne semble s'en être aperçu, qui pourrait le reconnaître aujourd'hui, mais ça viendra. Je suis un ange descendu du ciel pour toutes les fois où j'ai été témoin de cette vomissure de classe suceuse d'aristos en plein exercice de ses fonctions de collabo et que je me suis retenu.

Je l'ai fait, c'est vrai, je me suis dominé (cf le merveilleux texte de Ian Lauzon). Était-ce parce que sous l'effet du scotch je deviens d'une navrante bonhomie ? La réalité est que je n'ai jamais, pas une seule fois, fait irruption sur la scène pour désosser ces animaux, pas plus que je n'ai laissé libre cours une seule minute à ma réaction instinctive de me mettre à danser le Maori, nu, la chevelure enflammée. Non. Rien. Oh, à peine une seule fois (en Outaouais, justement) ai-je crié à une dame-météo qui pépiait sur scène depuis une heure à propos de la plume fontaine utilisée lors de l'écritsuuure de son livre de recette :
— KESSÉ TU VEUX KSA NOUS CÂLISSE ?
Ce fut à peu près la seule fois.
J'ai d'ailleurs regretté, des gardes de sécurité m'ont suivi jusqu'aux toilettes, inquiétés, et craignant sans doute que je sois membre de Al Quaïda ou des Brigades Brunes. Je m'en suis tiré en montrant mon joli badge plastifié et en disant :
— C'est beau, c'est beau, chus son mari, c'est elle qui m'a demandé de mettre un peu de piquant dans sa conférence.
Les gars hochaient de la casquette, c'était marrant. Leurs walkies faisaient "tch". Je suis entré silencieusement dans un des isoloirs et je les ai entendu tourner les talons et franchir la porte métallique. J'ai baissé mes culottes, je me suis assis, et j'ai voté.

mercredi 7 mars 2007

Meu heuu heeuu

Ça a tout l'air que j'irai questionner le beau André vendredi.
Moi qui hais la tévé. Crisse, c'est une chance de mettre un grain de sable dans les chenilles du blindé néolib, non ?!
Humm...
Depuis que je sais que Philpot se présente pour le PQ dans Verdun... Hum... Plus du tout si certain que Françoise a mon vote garanti. En plus, avec ses chichis sur le 11 septembre, celle-là, elle m'a pas impressionné !

Finalement

Oké, Breakwood.
Tu m'as convaincu.
Puis je me suis dit, peut-être que je vais libérer un peu Pat et Stef de l'agressivité qui sévit chez eux... L'agress, moi, boa. tombé dedans, quand chtais ptit.